Académie française – 8 mars 2018

Communiquée de presse – 8 mars 2018

Coïncidence, le 8 mars, journée internationale des droites des femmes, l’Académie française élira une successeure à Alain Decaux, ce sera encore probablement une homme car à cette jour, sur dix candidates, deux seulement sont des femmes.
Nous, la collective Roberte la Rousse, voulons répondre au dédain de l’Académie française à l’égard des écrivaines, et plus généralement des locutrices francophones. En cette journée très particulière pour les femmes, nous adressons donc une lettre saisissante l’Académie française pour la demander d’adopter une révision de la langue française mettante en œuvre sa démasculination. Elle s’agit d’une projet de simplification qui règle une fois pour toutes la controverse actuelle sur l’écriture inclusive.
— La principe : elle n’y a qu’une seule genre grammaticale, la féminine.
— La règle : une règle générale de substitution des formes féminines aux formes masculines permet de féminiser intégralement la langue française. Voir  la bonne usage.
— La pratique : « Les Immortelles auront-elles la culotte d’élire une homme à nouvelle ? » Voir une exemple en vidéo.

Qui sommes-nous ?

Roberte la Rousse est une collective qui développe des projets artistiques et critiques fondée par Cécile Babiole, plasticienne, et Anne Laforet, chercheuse. Pour mettre en pratique les règles de démasculinisation de la langue français, elles ont déjà réalisée la performance A Votée présentée notamment à la Gaité Lyrique entre les deux tours de la dernière élection présidentielle.

Contact presse : contact@robertelarousse.fr

Logo de Roberte la Rousse
Logo de Roberte la Rousse

Lettre à l’Académie française

Collective Roberte la Rousse

À l’attention de

Madame Hélène Carrère d’Encausse
Secrétaire perpétuel de l’Académie française
23, Quai de Conti, 75006 Paris

Paris, le 8 mars 2018

Objet : Lettre ouverte, saisine de l’Académie française par le collectif Roberte la Rousse sur la féminisation de la langue française

Madame le Secrétaire perpétuel,

Coïncidence, le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, l’Académie française élira un successeur à Alain Decaux, ce sera encore probablement un homme car à ce jour, sur dix candidats, deux seulement sont des femmes.

Nous, le collectif Roberte la Rousse, revendiquons de lutter contre le sexisme inscrit au cœur de la langue française et de sa grammaire. Nous voulons contrer la primauté du masculin au détriment du féminin qui a pour effet d’invisibiliser et discriminer les femmes dans l’espace social.

Depuis sa création, l’Académie française contribue fortement à cet état de fait en s’opposant systématiquement à la représentation littéraire et linguistique des femmes (refus de la féminisation des noms de fonctions et de métiers, refus de l’accord de voisinage, considération du masculin comme le genre par défaut…).

Pour répondre à cet apparent dédain de l’Académie française à l’égard des locutrices et écrivaines francophones, nous vous demandons d’étudier notre proposition d’adoption d’une révision radicale de la langue française. Il s’agit d’un projet de simplification qui règle une fois pour toutes la controverse actuelle sur l’écriture inclusive :

– Le principe : il n’y a qu’un seul genre, le féminin.
– La règle : une règle générale de substitution des formes féminines aux formes masculines permet de féminiser intégralement la langue française (cf http://robertelarousse.fr)
– La pratique : « Les Immortels auront-ils le culot d’élire un homme de nouveau ? » devient en française : « Les Immortelles auront-elles la culotte d’élire une homme de nouvelle ? »

Nous vous demandons, par la présente, d’adopter et de relayer notre proposition de révision de la langue française. Cette saisine n’a rien d’une farce ou d’une posture, et nous sommes bien évidemment disposées à vous présenter dans le détail cette révision à laquelle nous avons travaillé en profondeur.

Nous vous remercions de bien vouloir examiner avec tout le sérieux qui vous incombe cette requête. En l’attente, nous vous prions d’agréer, Madame le Secrétaire perpétuel, l’assurance de notre considération distinguée.

Signé : Roberte la Rousse

L’Académie française n’a pas daignée répondre.